Le coeur a ses raisons ...
Je fais partie de ces personnes qui ont un tel caractère (très entier, disons) que soit on (mecs ou nanas) les adore soit on les déteste, ou on les déteste puis on les aime, ou on les aime puis on les déteste, enfin, vous comprenez, quoi ! J’ai toujours été comme ça et je crains que ça ne change pas. Je n’en suis pas particulièrement fière car le souci, c’est que, socialement, ce n’est pas l’idéal et j’ai eu des relations complexes (bonnes ou mauvaises) avec la majorité des gens de mon entourage, famille, amis, enseignants, responsables, collègues … Et avec les hommes aussi. Cela dit, même si j’ai été quelques fois repoussé et d’autres fois, non, les « échecs » ne m’ont jamais arrêtés : quand un homme me plaisait, je le lui ai toujours dit, plus ou moins finement. Car, malgré un physique qui est loin d’être celui d’un mannequin (soupirs soupirs soupirs) et un caractère -comme je l’ai dit- « particulier », j’ai toujours crû en mon pouvoir de séduction et au fait que je plairais aux hommes qui me plaisaient. Je mets tout cela au passé car, maintenant, j’ai quasi 30 ans et je ne cherche plus l’amour, je ne pense donc plus à plaire ou non aux hommes (enfin, comme tout le monde, j’apprécie que l’on me trouve jolie et je n’aime pas que l’on me trouve moche, c’est évident …). Là où je veux en venir, c’est qu’hier, je regardais Glee dont je suis devenue une adepte (merci W9 replay ! Quelle belle invention !) et je me rendais compte comme les épisodes étaient ficelés de manière à ce que l’on puisse mettre côte à côte les histoires des ados et celles des « adultes ».
Ce que je veux dire, c’est qu’on a vite envie de passer outre l’adolescence quand on est en plein dedans et ensuite, les « adultes » (désolée, je trouve ce mot ridicule et vide de sens) regardent de haut les adolescents comme pour leur dire : « je suis plus fort que toi car je m’en suis sorti(e) ! » En gros, les « adultes » se sentent supérieurs aux ados et, grosso modo, les trouvent bien idiots et bien pitoyables. Certes, je suis fort contente d’être sortie de cette période car aujourd’hui, qu’on m’aguiche ou qu’on me « crache » dessus, je sais réagir en justes proportions, disons, quand on est ados, là est bien le problème, quand quelque chose nous arrive, on ne sait pas comment réagir, on a peur du ridicule, on fait n’importe quoi (et c’est souvent « trop ») … (alors que, enfants, on ne réfléchissait pas, on réagissait spontanément). Et évidemment, quand il s’agit d’affaires de cœur, c’est centuplé lorsqu’on est ados !
Glee est assez « remarquable » dans le sens où c’est assez bien structuré et que, comme je viens de le dire, les histoires d’adultes et d’ados s’entremêlent et l’on fait facilement les liens entre les unes et les autres. On croit que toutes ces histoires ne peuvent arriver qu’aux ados, que les « adultes » ont confiance d’instinct en eux (après tout ce qu’ils ont déjà vécu), qu’ils n’ont pas de problèmes amoureux, relationnels (en général, avec les gens), qu’ils ne pensent pas avec inquiétude à leur avenir … Faux, archi-faux ! Glee montre aux ados que non seulement ils n’ont pas fini d’en baver mais que les problèmes d’« adultes » ne sont pas si différents des leurs ! Evidemment, dans Glee, ils en rajoutent énormément, ils grossissent les traits, ils caricaturent mais … c’est la télé ! Mais, quand on regarde avec un minimum de hauteur, on se rend compte que, même si le propos est amplement caricaturé, il est vrai. L’adulte peut souffrir avec autant de force que l’ado, peut aussi faire des faux pas, se tromper, se perdre … comme l’ado mais, disons, avec plus de « maîtrise », de discrétion, voire de recul (quoique pas toujours …).
Je ferais même, ô provocation indécente !, une comparaison avec « Les émotifs anonymes » (que j’ai adoré !) ! N’allez pas me dire que vous ne connaissez personne, de 30, 40 (…) ans, qui sont « émotifs anonymes » ou non (anonymes) ! Parce que, moi, j’en connais quelques-uns ! Et des plus proches : notamment mon homme (avant que je ne déboule dans sa vie (avec perte et fracas)) ! Ou rappelez-vous Friends, Chandler qui dit combien de litres d’eau il a perdu lors de ses premiers rencards, lors des premiers baisers, des premiers ébats amoureux … toutes les premières fois avec une fille (notamment et bien évidemment avec Monica), soit ! Tout ça pour dire qu’il n’y a pas besoin d’être ados pour que le cœur chavire, tempête et tourbillonne !
Je viens juste de repenser à autre chose que j’ose rapprocher de ce que je viens d’écrire et des amours adolescentes et adultes (ou adulescentes ?) de Glee : Du côté de chez Swann, de Proust bien sûr. Je peux d’autant mieux en parler que je le lis depuis quelques semaines. Quoiqu’il en soit, dans ce livre, il y a « Un amour de Swann » qui a pour sujet notamment le personnage éponyme et Odette dont il est fou amoureux (dans le sens où ça tourne quasi à la folie), dont il est extrêmement jaloux (car consciemment ou non, elle fait en sorte de lui laisser constamment un doute) et pour qui il se fait sans cesse des cheveux. Et, ils ont quel âge ? La trentaine, dirais-je. En tous cas, chacun vit seul, a une vie sociale bien remplie et une certaine monotonie dans les habitudes. C’est pourquoi je pense qu’ils ont au moins la trentaine (ils n’arrivent pas juste dans la vie). Enfin, malgré cela, ce sont bien les tourments du cœur de Swann auquel tant de pages sont consacrées !